La Grande Dégustation de Montréal, nos 24 choix
La Grande Dégustation de Montréal revient au Grand Quai du Port de Montréal du 5 au 7 novembre, avec plus de 1700 produits à goûter sur place. La SAQ vend une partie de ces importations privées en ligne depuis le 4 novembre, mais la plupart des produits du salon restent offerts seulement sur place. Pour la liste des exposants et les billets, tout est sur le site de La Grande Dégustation.
Les bouteilles en vente en ligne ne passent pas par les succursales, alors l'occasion vaut le détour, même pour ceux qui n'iront pas au salon. Sur les quelque 370 bouteilles de cette vente, nous en avons gardé 24. Il y a des bouteilles qui ne demandent rien d'autre qu'une belle soirée, des curiosités qui raviront ceux qui aiment creuser, et des grands vins pour la cave.
Place au plaisir
Delinquente Jaybird Macerato 27,05 $
Il suffit de regarder l'étiquette pour comprendre que Delinquente ne se prend pas au sérieux. Dans le verre, par contre, ils n'ont rien à envier à personne. Ce vin orange passe jusqu'à deux semaines sur ses peaux, et pourtant il reste léger et facile à boire. La fleur d'oranger et le pamplemousse rose ouvrent le verre, puis une petite accroche en bouche lui donne du relief.
Milan Nestarec Růž, 1 L 43,72 $
Chez Milan Nestarec, en Moravie, République tchèque, le rosé s'appelle Růž, ce qui veut tout simplement dire rose en tchèque. Le vin ne se complique pas plus la vie que son nom. Nestarec le met en bouteille d'un litre, pour le milieu de la table et pour que tout le monde se serve. Le Blaufränkisch et le Zweigelt donnent de la framboise et une acidité vive, et il est assez léger pour que la bouteille se vide sans qu'on s'en rende compte.
Luca Bambara « Bambara da Casa » 27,95 $
Luca Bambara a grandi au Québec dans une famille sicilienne, et il est parti s'installer en Sicile pour faire les vins qu'il avait en tête. Son nom vient du vino da casa, et il a tout du vin de la maison. Ce Nero d'Avola est frais et fruité, assez léger pour accompagner la pizza du vendredi ou rien du tout.
Brown Brothers Moscato Strawberries & Cream 19,86 $
Un Moscato qui goûte les fraises et la crème, on ne voit pas ça tous les jours. Brown Brothers, une maison familiale de Victoria, en Australie, le fait en édition limitée, et c'est le genre de bouteille qu'on ouvre au moins une fois pour voir la tête de tout le monde. Ce rosé sucré de 8 % sent la confiture de fraises et la crème vanillée, avec une bouche vive et ronde. Bien froid, il accompagne la crème glacée.
Domäne Wachau Grüner Veltliner Federspiel Terrassen, 1,5 L 62,20 $
Tous les amateurs de vin autrichien connaissent le Grüner Veltliner de Domäne Wachau, mais rarement en magnum, le format idéal pour un apéro qui dure toute la soirée. Les fruits du verger et le poivre blanc ouvrent le verre, puis une acidité vive garde tout ça frais jusqu'au dernier verre.
Château de Saint-Cosme Micro-Cosme 25,25 $
Saint-Cosme est l'une des maisons les plus connues de Gigondas, et le Micro-Cosme est sa façon de s'amuser. Louis Barruol assemble le Sauvignon, un cépage de la Loire, et le Viognier, un cépage du nord du Rhône, deux régions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Le Sauvignon apporte la fraîcheur et le Viognier la rondeur. Le citron et le pamplemousse ouvrent le verre, puis viennent la mangue et la fleur de sureau.
Bottega Tiramisù, 500 ml 44,35 $
Bottega a mis un tiramisu en bouteille, avec du vrai mascarpone, du café et du cacao, et la première gorgée goûte exactement le dessert. Bien froid ou sur glace, il termine le repas. Un trait sur une boule de crème glacée à la vanille fonctionne aussi.
Garcia Pérez Bobal, 1 L 38,05 $
Ce Bobal est fait pour être bu jeune, et la famille García Pérez l'assume jusque dans sa bouteille transparente d'un litre, qui montre toute sa couleur avant même qu'on l'ouvre. Un rouge espagnol a souvent la réputation d'être lourd et chaud, mais à 900 mètres d'altitude, ces vignes donnent un vin vif qui ne pèse pas. Les petits fruits rouges et les herbes sauvages sont juteux, et le litre passe vite.
Pour les nerds
Beau Visage Chenin noir 24,12 $
Le nom est un piège, même pour ceux qui connaissent bien la Loire. Chenin noir est l'ancien nom du Pineau d'Aunis, un cépage rouge que les analyses d'ADN ont séparé du Chenin comme du Pinot, malgré ce que ses deux noms laissent croire. Chez les Delaunay, à Pouillé en Touraine, il occupe à peine 5 % du vignoble, alors une cuvée de Pineau d'Aunis seul est une rare occasion de le goûter sans Gamay pour le cacher. Ce rouge léger de la Loire a le poivre blanc qui fait sa réputation, avec des petits fruits rouges et un côté épicé qui le distingue de ses voisins.
Château Cailleteau Bergeron Carménère de l'Ancien Monde 55,85 $
Tout le monde associe le Carménère au Chili, mais il vient de Bordeaux, où il a presque disparu au 19e siècle. Le cépage est capricieux, il fleurit mal et mûrit tard, et pendant que Bordeaux le laissait tomber, il survivait au Chili, longtemps confondu avec le Merlot. La famille Dartier l'a replanté à Blaye en 2016, et ce vin en contient 75 %, cueilli à la mi-octobre, bien après les autres cépages. C'est l'occasion de goûter ce que le Carménère donne dans son climat d'origine, avec les épices et les fruits noirs au nez et des tanins soyeux.
Geoffroy Ratafia, 500 ml 79,38 $
Le ratafia est l'apéritif traditionnel de la Champagne, et il reste presque inconnu hors de la région. Le principe ressemble à celui du Pineau des Charentes. Une eau-de-vie arrête la fermentation du jus de raisin, ce qui garde tout le sucre et le fruit du Pinot. Geoffroy part d'une Fine de Champagne, une eau-de-vie de vin de Champagne, vieillie huit mois en fût de chêne, puis l'assemble à parts égales avec du jus de Pinot Noir et de Pinot Meunier, alors tout vient de la Champagne, jusqu'à l'alcool. Ça donne des prunes et des cerises à l'eau-de-vie, à servir frais à l'apéro ou avec un dessert aux fruits.
Lionel Osmin Apothicaire de l'Armagnac Baco Ugni 1983 215,93 $
Cet armagnac a été distillé en 1983, il y a plus de quarante ans. Lionel Osmin consacre sa série Apothicaire aux cépages de l'Armagnac, et cette bouteille donne la vedette au Baco blanc, à 60 %. Aujourd'hui, la plupart des armagnacs sont surtout faits d'Ugni blanc, mais pendant presque tout le 20e siècle, le Baco était le cépage principal de la région. Le Baco est le seul hybride permis dans une appellation française, créé pour remplacer la Folle blanche après le phylloxéra. Un petit verre à la fin du repas suffit pour goûter l'Armagnac d'une autre époque.
Château des Charmes Gamay Noir « Droit » St. David's Bench 26,50 $
Au début des années 1980, Paul Bosc a remarqué dans son vignoble de Niagara un plant de Gamay qui poussait à la verticale, plus haut que les autres. Il l'a multiplié et l'a baptisé « Droit ». Ce clone appartient au domaine et ne pousse que dans sa parcelle de St. David's Bench, alors personne d'autre au monde ne peut faire ce vin. Il mûrit environ deux semaines plus tard que le Gamay ordinaire, ce qui lui donne plus de structure. Ce rouge n'est pas élevé en fût, pour laisser toute la place au clone.
Bodegas Carchelo Vina Maris 2017 161,75 $
Ce rouge de Jumilla a passé un an au fond de la Méditerranée. Après 18 mois en fût de chêne neuf, les bouteilles sont descendues à près de 40 mètres de profondeur pour y rester 12 mois. Là-bas, le froid, la noirceur et la pression ne changent jamais, et le mouvement de l'eau berce doucement le vin. Personne ne s'entend vraiment sur l'effet de ce vieillissement, et cette bouteille donne l'occasion de se faire sa propre idée. Le nez offre des fruits mûrs et des épices, avec une petite note salée qui rappelle d'où il sort.
Jean-Paul Brun Roussanne 36,28 $
La Roussanne est un cépage blanc du Rhône, et une bouteille faite de Roussanne seule est rare. Ses rendements sont irréguliers, et le vent, l'oïdium et la pourriture lui rendent la vie dure. Les vignerons lui préfèrent souvent la Marsanne, beaucoup plus facile à cultiver, et la Roussanne finit le plus souvent en assemblage avec elle. Jean-Paul Brun, un vigneron du Beaujolais, en a planté un hectare à Charnay, et cette cuvée en est faite à 100 %. Ce blanc donne l'occasion de goûter la Roussanne telle qu'elle est, sans rien pour l'accompagner.
Tenuta Olim Bauda Freisa d'Asti 2019 39,29 $
Le Freisa est un cépage rouge du Piémont qui divise les amateurs comme peu d'autres. Certains l'adorent, d'autres le détestent. Ses tanins accrochent la langue comme du velcro, et son vin finit sur une pointe d'amertume. Pendant des siècles, les vins de Freisa ont donc été un peu sucrés et légèrement pétillants, ce qui adoucissait tout ça. Le Freisa d'Asti d'Olim Bauda est un rouge sec et tranquille, élevé environ un an et demi en grands fûts de chêne, et ce 2019 a eu sept ans pour s'assouplir. Pour qui veut donner sa chance au Freisa, difficile de trouver mieux.
Passons aux choses sérieuses
Domaine Rolet Arbois Vin Jaune 2018, 620 ml 154,95 $
Ce vin jaune du Jura a de longues années devant lui. Le Savagnin vieillit au moins six ans en fût, sous un voile de levures qui fait barrière à l'air. Cet élevage donne un blanc capable de traverser les décennies, et des vins jaunes de Rolet de 1979 et de 1992 circulent encore aux enchères. Ce 2018 en est à ses débuts, et il a sa place au fond de la cave pour une bonne vingtaine d'années.
Faustino I Gran Reserva 1987 590,00 $
Ce Rioja Gran Reserva a 39 ans, et il a passé tout ce temps dans la cave de Faustino. Le domaine y garde ses vieux millésimes, et le Faustino I n'existe que dans les années qu'il juge les meilleures. Une bouteille de cet âge achetée aux enchères a souvent un passé inconnu. Celle-ci n'a jamais quitté la cave où elle a vieilli, ce qui donne l'occasion rare de boire un Rioja à pleine maturité, gardé dans les meilleures conditions depuis le premier jour.
Castello di Volpaia Il Puro Chianti Classico Gran Selezione 2021 232,99 $
Il Puro est le sommet de Castello di Volpaia, un des domaines de référence du Chianti Classico, et les bouteilles sont rares. Toutes les vignes de la parcelle Casanova descendent des plus vieux Sangiovese du domaine, alors le vin garde le caractère du Sangiovese de Radda d'autrefois. Aucun autre cépage n'entre dans la bouteille, et le Sangiovese a toute la place. Avec la mention Gran Selezione, le plus haut échelon de l'appellation, ce 2021 est le Chianti le plus sérieux de l'arrivage.
Mas de Daumas Gassac 2016 289,40 $
Mas de Daumas Gassac est le vin qui a prouvé que le Languedoc pouvait faire de grands rouges de garde. Dans les années 1970, un géographe a trouvé dans la vallée du Gassac un sol et une fraîcheur dignes des plus grands vignobles, et Aimé Guibert a voulu y faire un grand vin. Il a donc planté du Cabernet Sauvignon, le cépage des grands Bordeaux faits pour durer, plutôt que les cépages habituels de la région. Son vin a dû se contenter d'une simple IGP, mais il a été pensé dès le départ pour vieillir comme un cru classé. Pour ce 2016, les dix premières années de cave sont déjà faites, et il peut encore en passer une vingtaine.
La Spinetta Barolo Campe 2007 257,25 $
Un Barolo demande des années avant de s'ouvrir, et celui-ci en a déjà 19. Il vient de vignes d'environ 70 ans dont La Spinetta a gardé seulement le quart des grappes, et cette concentration est ce qui permet à un Barolo de vieillir aussi longtemps. Le 2007 a été un millésime chaud, qui a donné des Barolo plus généreux que d'habitude. Après toutes ces années, les tanins se sont assouplis, et le vin est prêt pour la table.
Bertani Amarone della Valpolicella Classico 2016 250,25 $
Pendant que bien des Amarone prenaient un côté sucré et confit, Bertani est resté fidèle au style sec et austère d'origine. Son Amarone passe environ six ans dans de grands fûts de chêne de Slavonie, et il en sort sec et droit, avec cette amertume noble qui justifie son nom. Ce 2016 a tout du grand Amarone classique, celui qui a fait la réputation de l'appellation.
Château Montus La Tyre 2015 397,25 $
La Tyre est le sommet de la gamme d'Alain Brumont, et elle n'existe que dans les grandes années. Elle vient d'une seule pente de dix hectares, sur la plus haute colline de Madiran, où Brumont a planté le Tannat dans les galets roulés au début des années 1990. Sur ces cailloux qui gardent la chaleur, avec cinq ou six grappes par cep seulement, le Tannat mûrit jusqu'au bout, et le vin garde toute sa puissance sans la dureté habituelle du cépage. Pour les amateurs de grands rouges du Sud-Ouest, ce 2015 est la bouteille de référence.
Château Rauzan-Gassies 2016 170,00 $
Rauzan-Gassies est un deuxième cru classé de Margaux depuis 1855, et le domaine vit un vrai renouveau depuis une dizaine d'années. La famille Quié a lancé une rénovation complète en 2013, et les vins ont changé de niveau à partir du millésime 2015. Le 2016 tombe donc sur une des plus grandes années de Bordeaux, au moment où le domaine retrouvait son rang. Il a la finesse typique de Margaux, avec la structure d'un millésime fait pour durer.