Nouveautés SAQ du 8 octobre : nos choix de la semaine
Cette semaine, le Piémont débarque en force avec des dizaines de Barolo et de Barbaresco. Mais ce n'est pas tout : un Coteaux du Layon de 1996, un Hakushu 12 ans qu'on voit rarement passer, une bière de glace allemande, le premier porto millésimé de Taylor's en six ans, et un cidre d'ici à la canneberge.
Pour épater
Moulin Touchais Coteaux du Layon 1996 76,50 $
On est des inconditionnels de la Loire, et celle-ci sort complètement des sentiers battus. Rien à voir avec un Sancerre : c'est un chenin blanc liquoreux de 30 ans. La famille Touchais fait du vin depuis 1787 et ne sort jamais une bouteille avant au moins dix ans de cave. En bouche : rayon de miel, abricot, zeste d'orange, et une acidité assez vive pour que le sucre ne pèse jamais. La finale rappelle le vieux cognac et le pain grillé. Goûter un vin de dessert de cet âge-là à ce prix-là, ça n'arrive pas souvent.
Domaine Delaporte Sancerre Monts Damnés 2023 70,50 $
On ne dit jamais non à un Sancerre. Celui-ci vient des Monts Damnés, à Chavignol : un coteau si raide que les vendangeurs le descendent assis sur un coussin, d'où son nom. Le sol, des marnes pleines de coquillages fossiles, est le même que celui des grands Chablis. Delaporte est l'un des deux seuls domaines certifiés bio sur ce coteau, et son 2023 assemble quatre parcelles. En bouche : citron, camomille et une touche de miel. C'est cher pour un Sancerre, mais c'est le seul de la semaine qui mérite qu'on s'y arrête.
Champagne Pierre Péters Cuvée de Réserve Blanc de Blancs 97,50 $
Un champagne de vigneron, pas une grande marque : la famille Péters ne fait que des blancs de blancs grand cru au Mesnil-sur-Oger depuis 1919. Le secret de cette cuvée, c'est une réserve perpétuelle commencée en 1988 : chaque année, on y puise et on la complète avec la nouvelle récolte, si bien que chaque bouteille assemble plus de vingt millésimes. En bouche : agrumes, amande, pain frais, et une finale minérale. Si vous voulez déboucher quelque chose qui sort de l'ordinaire, c'est celui-là.
La Spinetta Barolo Garretti 2021 94,75 $
Le Piémont était la grande vedette de cet arrivage. La Spinetta, c'est la famille Rivetti, qu'on reconnaît de loin à son étiquette ornée du rhinocéros de Dürer. Le Garretti vient de vignes de 70 ans à Grinzane Cavour. En bouche : cerise, rose séchée, cèdre et tabac, avec des tanins soyeux. Certains le trouvent déjà charmeur, d'autres conseillent d'attendre 2027. Une belle porte d'entrée vers le Barolo sans viser les bouteilles à 200 $.
Hakushu 12 ans Single Malt 390,50 $
Le whisky de la « distillerie de la forêt » de Suntory, au pied du mont Kaikomagatake, dans les Alpes japonaises. Faute de vieux stocks, Suntory l'avait carrément retiré du marché en 2018 ; il revient depuis au compte-gouttes. En bouche : pomme verte, poire et menthe, avec une finale de thé vert et une fumée discrète. C'est un achat d'occasion spéciale, mais c'est exactement ce qu'on veut voir passer.
Schneider Weisse Tap 9 Aventinus Eisbock 8,47 $
Schneider prend son Aventinus, une bière de blé forte créée en 1907, la refroidit jusqu'à ce que l'eau se change en glace, puis retire la glace. Ce qui reste est plus concentré en tout : 12 % d'alcool, avec de la prune, de la banane, du clou de girofle et une touche d'amande. Ça se boit comme un digestif, dans un petit verre. C'est une importation privée, nouvelle cette semaine.
Valeurs sûres
Lalande de Château Tifayne 2018 19,95 $
Un bordeaux qui a déjà huit ans de bouteille, pour moins de 20 $. Il vient d'un domaine de 13 hectares à 14 km de Saint-Émilion, repris en 1997 par un couple d'agronomes belges, dans les Francs Côtes de Bordeaux, la plus petite des appellations des Côtes de Bordeaux. Moitié merlot, moitié cabernet, d'une année chaude sur la rive droite : 2018 a donné des merlots mûrs, denses et généreux. Difficile de trouver mieux comme rapport âge-prix.
Sandrine Henriot Morgon Les Charmes 2023 33,00 $
Avant de s'installer dans le Beaujolais en 2018, Sandrine Henriot a travaillé dans plusieurs maisons de Bourgogne. Elle a repris un petit vignoble de 3,3 hectares, cultivé en bio et en biodynamie. Les Charmes, c'est un des six secteurs de Morgon, sur des pentes douces de granit et de schiste. Ça donne un rouge léger : petits fruits rouges, fleurs, une touche minérale, pas de bois. Parfait pour les soirées d'automne.
Laroche Chablis Premier Cru Les Vaudevey 2023 57,50 $
La saison des huîtres vient de commencer, et c'est exactement le vin qu'il vous faut. Un chardonnay droit et minéral, avec une note de craie et presque pas de bois. Il vient des Vaudevey, une petite vallée fraîche où le soleil repart au milieu de l'après-midi : le raisin mûrit lentement et garde son acidité. Laroche le fait vieillir dans un ancien monastère au coeur du village de Chablis.
Chimay Pères Trappistes 5,25 $
Une vraie trappiste belge pour 5,25 $. Chimay est la plus connue des quelques brasseries trappistes au monde, mais ses bières sont fortes : la Bleue frôle les 9 %. La Dorée, elle, est à 4,8 % : légère, sèche, avec du citron et de la coriandre. Une trappiste qu'on peut boire à l'apéro sans y laisser sa soirée.
Taylor Fladgate Vintage 2024 93,75 $ (375 ml)
Une bouteille pour la cave. Taylor's, c'est une des plus vieilles maisons de porto, fondée en 1692, et elle ne déclare un millésime classique que dans les grandes années. 2024 est le premier depuis six ans, et c'est aussi la plus petite production de son histoire. Presque noir, avec du cassis, des petits fruits sauvages, des notes d'herbes et de fleurs, et des tanins fermes. On l'achète maintenant, on l'ouvre dans vingt ans.
Ça se boit tout seul
The Six Kings Grüner Veltliner 18,55 $
Le blanc qu'on ouvre un mardi soir sans se poser de questions : 11,5 %, moins de 20 $. Sec et léger, avec de la lime, de la pomme verte et la petite touche de poivre blanc typique du grüner veltliner. Pas de bois, juste de la fraîcheur. Servez-le bien froid avec des sushis, un poisson blanc, une chaudrée de palourdes ou un fromage de chèvre. En bonus, il est bio : chez Weszeli, ce sont des animaux qui tondent l'herbe et s'occupent des insectes dans les vignes.
Selbach Riesling Mosel Qualitätswein 2024 21,55 $
Le vin à sortir quand le souper est épicé. Selbach, c'est une des familles qui comptent en Moselle : elle cultive le riesling depuis le 17e siècle, et ses vins de grands coteaux se vendent bien plus cher. Ici, c'est leur riesling sec à 21,55 $ : une acidité qui réveille, de la lime, de la pomme verte et le côté minéral qu'on va chercher en Moselle. Avec un thaï, un indien, du porc ou des fruits de mer, il est parfait.
Entre Pierre & Terre Cidre mousseux à la canneberge 18,75 $
Pas de Pierre ici : le nom veut dire « entre la pierre et la terre ». Derrière, il y a Loïc Chanut, un oenologue qui a fait plus d'un million de bouteilles de cidre de glace avant de partir son propre verger à Franklin, en Montérégie, avec Michelle Boyer. Ils l'ont replanté avec de vieilles variétés québécoises de pommes et de poires qu'on avait presque oubliées, et ils créent même leurs propres variétés en greffant les arbres. Les bulles se font en bouteille, sans sulfites ajoutés. Ce rosé-là est aromatisé à la canneberge : demi-sec, léger, 6,5 %, avec de la pomme, de la canneberge et des fleurs blanches, et une acidité qui le garde bien frais.
Belvedere Dirty Brew Café 58,50 $
D'abord, c'est Belvedere. S'il y a une marque de vodka en qui avoir confiance, c'est celle-là. Le Dirty Brew Café, c'est un spiritueux au café signé Belvedere : leur vodka de seigle bio, infusée avec des grains de café robusta torréfiés, bio eux aussi, et ramenée à 30 %. Café grillé, caramel, chocolat noir, avec une finale toute douce. Lancé en 2025, ça vient d'arriver au Québec. Sur glace, dans un espresso martini, ou versé sur une boule de crème glacée à la vanille.