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Films d'horreur et bouteilles : dix films

Le mois d'octobre est synonyme de saison de films d'horreur pour bien des gens. Vous avez pris plus d'une heure à choisir le film, on vous aide pour la bouteille qui complète la vibe et vous fait vivre une expérience sur mesure.

Voici dix films qu'on se retape chaque année et les bouteilles qu'ils nous inspirent. Pas de clin d'oeil à une scène, promis. Les dix sont en vente sur saq.com.

The Exorcist (1973)

Affiche de The Exorcist
Sobieski

Sobieski 29,25 $

Pour bien des gens, The Exorcist, c'est LE classique de l'horreur. On va se le dire : il est un peu plate. Tout est délavé, presque sans couleur, ça prend son temps en masse, et ce qu'on en retient vraiment, c'est la soupe aux pois et le crucifix. Le reste, on l'a un peu oublié.

Ça prend un verre aussi incolore que le film : une vodka soda. La Sobieski, une vodka polonaise à 40 %, fait la job sans se faire remarquer. Une once et demie sur glace, du soda jusqu'en haut, un zeste de citron. Simple, propre, et ça se boit tout seul en attendant la scène du crucifix.

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Halloween (1978)

Affiche de Halloween
E. Guigal Côtes-du-Rhône

E. Guigal Côtes-du-Rhône, en magnum 50,25 $

Le thème au piano, le masque blanc, le couteau de cuisine, la gardienne d'enfants. Halloween, c'est presque une liste de clichés, et pourtant il n'en a pas inventé tant que ça. C'est simple, et ça marche encore. La preuve : une douzaine de suites et de remakes plus tard, c'est toujours l'original qu'on remet.

Guigal, c'est un peu pareil. La maison fait des Côte-Rôtie à plusieurs centaines de dollars, mais la bouteille que tout le monde reconnaît, c'est son Côtes-du-Rhône. Syrah, grenache, un peu de mourvèdre, 15 %. Rien de compliqué, et ça plaît à tout le monde. Halloween, c'est le film qu'on écoute en gang, alors on le prend en magnum : assez pour tout le salon, et pour enchaîner avec la suite si personne ne veut se coucher.

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The Shining (1980)

Affiche de The Shining
Château Guiraud Sauternes

Château Guiraud Premier Cru Classé Sauternes 2022 119,25 $

Here's Johnny. La hache dans la porte, la face terrifiée de la mère, les jumelles, les ascenseurs, le tapis. Tout le monde se souvient de The Shining en morceaux, et c'est normal : chaque scène a l'air de sortir d'un film différent. On ne le suit pas vraiment du début à la fin, on passe d'une image à l'autre sans trop savoir où on s'en va.

Le Sauternes fait la même chose dans le verre. On l'ouvre glacé, il est vif, presque frais. Plus il se réchauffe, plus il change, et une heure plus tard, ça tourne au miel et à l'abricot sec, comme une autre bouteille. C'est le grand classique de Bordeaux avec quelque chose de pas net : on laisse les raisins sur la vigne jusqu'à ce qu'un champignon les fasse pourrir, la pourriture noble. Guiraud est un premier cru classé depuis 1855, à 13 %. Chaque gorgée est un peu différente de la précédente, comme chaque scène.

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Possession (1981)

Affiche de Possession
Höfflin Spätburgunder Traubenkirsche

Höfflin Spätburgunder Traubenkirsche 49,70 $

Le Berlin de la guerre froide : du béton, le Mur au bout de la rue, des appartements presque vides, une lumière bleu-gris. Peu d'endroits ont jamais eu une ambiance pareille, et Possession la porte du début à la fin. Un film d'auteur sans aucun compromis, cérébral, froid, sombre, très art et essai. Si vous êtes déjà sorti d'une expo d'art contemporain sans rien comprendre mais en ayant adoré ça, c'est votre film.

Il lui faut un rouge qui sort aussi du cadre. Ce pinot noir de Höfflin, dans le Bade, est vendu comme simple Landwein, en dehors du classement allemand, et importé par Vin Vrai, une agence de vins nature. Il pousse sur du loess, une poussière fine laissée par le vent pendant la dernière glaciation, et il ne monte qu'à 12 %. Pas là pour plaire à tout le monde, et pourtant il a terminé premier au Jugement de Montréal en 2024. Servez-le un peu frais. On ne sait pas trop ce qu'on boit, mais on y retourne.

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The Thing (1982)

Affiche de The Thing
Canadian Club Classic 12 ans

Canadian Club Classic 12 ans 36,00 $

The Thing, c'est plus un film de février que d'octobre. Mais c'est un vrai classique, et il ne ressemble à rien d'autre sur la liste. Personne ne fait confiance à personne, et au bout de dix minutes, vous non plus. Des effets spéciaux gluants faits à la main qui lèvent encore le coeur, une tension qui ne lâche jamais, et les épaules jusqu'aux oreilles du début à la fin.

Les soldats canadiens ont déjà laissé une bouteille de Canadian Club sur un caillou gelé de l'Arctique, juste pour que les Danois tombent dessus. Une bouteille qui attend dans la neige qu'on la boive : c'est celle qu'on rêverait de trouver en sortant la tête dehors, coincé en Antarctique à virer fou entre quatre murs. Le Canadian Club Classic 12 ans, d'un pôle à l'autre.

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Videodrome (1983)

Affiche de Videodrome
Comont Agave et Café

Comont Agave et Café 37,25 $

Videodrome, c'est le câble à trois heures du matin : de la neige à l'écran, des cassettes VHS partout, Debbie Harry, et une télé qui respire. Chic, glauque, moite, électrique. Cronenberg en fait un cauchemar où l'image vous rentre dans le corps, et on en sort comme d'un club où on n'aurait jamais dû entrer.

Videodrome se regarde tard, les yeux qui piquent, et ce qu'il vous faut, c'est un remontant. L'Agave et Café de Comont, une petite distillerie de Bedford. Le café pour garder les yeux ouverts, l'agave pour le petit côté sale. Pas trop sucrée, 23 %, et rien à voir avec les grosses marques.

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Scream (1996)

Affiche de Scream
Château de Cartes Blanc de Noir

Château de Cartes Blanc de Noir 23,45 $

Scream, c'est d'abord un vrai slasher, et un vrai whodunit. Un masque blanc, une voix au téléphone, et tout le monde a l'air coupable. Les personnages connaissent les règles des films d'horreur par coeur, et ça ne les sauve pas pantoute. On passe le film à chercher qui se cache sous le masque, et on se trompe.

Le Blanc de Noir de Château de Cartes cache bien son jeu : c'est un blanc, fait surtout de sainte-croix, un raisin rouge. Face blanche, coeur noir. Sec, 12,5 %, droit comme un suspect qui a un alibi. Servez-le à l'aveugle, et laissez vos invités chercher le coupable.

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Ginger Snaps (2000)

Affiche de Ginger Snaps
Giuaani Mtsvane Qvevri

Giuaani Mtsvane Qvevri 21,95 $

Ginger Snaps, c'est un film de loup-garou où la transformation fait moins peur que l'adolescence. Deux soeurs fascinées par la mort ne fittent nulle part, et elles n'essaient même pas. Elles sont différentes, elles le savent, et tout le monde autour le leur fait sentir.

Un vin orange, c'est un blanc qui a passé trop de temps dans ses peaux et qui en est ressorti changé. Ni blanc ni rouge, il fitte nulle part, et ça lui est bien égal. En Géorgie, on le fait depuis des millénaires dans des qvevris, de grosses jarres de terre cuite enterrées dans le sol. Le Mtsvane de Giuaani en sort trouble, sec, un peu sauvage, et pas comme les autres.

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Martyrs (2008)

Affiche de Martyrs
Château Montus Madiran

Château Montus Madiran 38,00 $

Martyrs est le film le plus dur de la liste, et de loin. On ne le regarde pas, on le traverse. Il parle de gens convaincus que la souffrance rend meilleur, plus pur, et prêts à l'infliger aux autres pour le prouver, jamais à eux-mêmes. Après, personne dans le salon ne parle pendant un bon moment, et c'est correct.

Le Château Montus, c'est la bouteille qu'on garde pour plus tard. Le tannat d'Alain Brumont est fait pour attendre une bonne dizaine d'années, et ouvert maintenant, il est noir, serré, tannique, presque brutal. Ouvrez-le quand même, ce soir. Après Martyrs, attendre l'au-delà pour en profiter, ça sonne pas mal moins bien.

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Color Out of Space (2019)

Affiche de Color Out of Space
Empress 1908 Indigo Gin

Empress 1908 Indigo Gin 48,25 $

Un trip d'acide qui tourne mal. Du magenta fluo partout, des fleurs qui brillent, un mauve qui n'existe pas dans la vraie vie, de la beauté et de l'horreur mêlées jusqu'à ce qu'on ne sache plus si c'est magnifique ou dégueu. Color Out of Space est psychédélique, excessif, complètement fascinant. Et Nicolas Cage y est au maximum de Nicolas Cage.

L'Empress 1908 est violet dans la bouteille, grâce à la fleur de pois papillon. Versez-y du tonic ou un trait de citron, et l'acidité le fait virer au rose, puis à un mauve qu'on n'arrive pas à nommer. On reste là à fixer le verre, un peu fasciné, un peu inquiet. 42,5 %, genièvre, pamplemousse, rose et thé.

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En prime : Twilight (2008)

Affiche de Twilight

Celui-là, c'est pour ceux qui aiment les créatures de la nuit, mais qui sont pas capables de regarder un film d'horreur. Des vampires, des loups-garous, et pas une scène qui va vous faire dormir la lumière allumée. Mélodramatique, un peu ridicule, très sincère : un plaisir coupable, et on l'assume. Team Edward ou Team Jacob ? Ça prend deux bouteilles.

Concerto Reggiano Lambrusco

Concerto Reggiano Lambrusco 21,65 $

Pour Team Edward, un rouge qui pétille. Le Concerto de Medici Ermete est un lambrusco bio, léger et demi-sec : fraise, framboise, noyau de cerise, pivoine. 11,5 %, servi bien froid, et chic comme lui. Ça se boit trop facilement, et la bouteille est vide avant la fin du film.

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Põhjala Emberwood

Põhjala Emberwood 9,68 $

Pour Team Jacob, une porter qui sent le feu de camp. L'Emberwood de Põhjala, en Estonie, est brassée avec du malt fumé au bois de cerisier et des copeaux de chêne français : vanille, fumée sucrée, une finale un peu salée. Noire, chaude, 8 %, et zéro cérémonie.

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La suite est ici, avec huit autres films d'horreur et leurs bouteilles.